Un peu de couture, un peu de scrap, utilisation de la cameo
Mardi 10 décembre, je commence à avoir des démangeaisons, qui augmentent le mercredi et le jeudi. Comme j’ai rendez-vous chez la sage-femme le jeudi pour faire une nième séance d’acuponcture pour préparer le col et rendre les contractions efficaces, je lui en parle. Elle me prescrit une prise de sang à faire le lendemain matin, en ajoutant qu’il faut lui faxé les résultats sur l’ordonnance.
Vendredi 13 décembre, une amie vient me rendre visite en début d’après-midi. On papote tranquillement, jusqu’à ce que le téléphone sonne à 15h15. C’est la sage-femme qui m’appelle pour me dire que les résultats ne sont pas très bon. Il faut que j’aille faire un monito, soit le soir même soit le lendemain matin. Mais comme j’avais déjà eu peur pendant la nuit parce que je n’avais pas trop senti le bébé bougé, je décide d’y aller le soir même, pour être rassurée. Mon amie me dit qu’elle m’emmènera à la mat. J’appelle ma mère pour qu’elle vienne s’occuper des aînés. Tit homme se réveille vers 16h quand elle arrive. Ils iront ensemble récupérer la grande à l’école puis ils iront chez mes parents. On les récupérera dans la soirée. J’appelle Chéri pour qu’il me retrouve directement à la mat, sans passer par la maison.
On part tranquillement avec mon amie après avoir fini de prendre toutes mes affaires pour la mat au cas où bébé se décide.
Arrivées à la mat, on attend chéri dans le hall. Mon amie nous dit au revoir et nous montons en salle de naissance pour faire le dit monito.
Une aux me prend en charge, analyse d’urine, pesée, puis installation dans la salle de monito.
La sage-femme vient ensuite. Elle m’explique ce qui n’est pas bon dans ma prise de sang, car je n’avais pas compris au téléphone. Ce sont mes transaminases qui sont trop élevées et ça peut provoquer des dégâts au niveau de mon foie. Elle nous fait comprendre qu’il faudra rester à la mat tant que bébé ne sera pas né pour me surveiller, elle me dit aussi que c’est elle qui fait l’acuponcture, et qu’elle m’en fera le lendemain matin pour aider à déclencher l’accouchement. Elle a pris connaissance de notre projet de naissance, et sait à quel point je voudrais que la naissance soit respectée. J’ai droit à une nouvelle prise de sang et à un examen du col qui est à 2, postérieur et encore un peu long.
Quand elle sort, je craque, je ne pensais devoir passer mon week end à la mat, surtout sans avoir bébé dans les bras. Le monito révèle quelques contractions, mais rien de bien concluant. Nous sommes donc emmenés en chambre. J’appelle mes parents pour les prévenir que les enfants dormiront chez eux, et que je dois rester à la mat. Chéri va se chercher à manger, et nous mangeons ensuite ensemble. Nous décidons donc de marcher pour voir si ça aide le travail à commencer. J’ai bien des contractions, mais je sens que ce ne sont pas LES contractions, donc vers 21h30, je dis à chéri de rentrer, je me sens très fatiguée, il vaut mieux que je me repose et lui aussi.
Le samedi, je suis réveillée à 6h par une autre sage-femme qui me fait une prise de sang pour vérifier mon taux, puis elle vient me chercher pour refaire un monito vers 6h30. J’y resterai pendant près d’une heure. Elle m’explique aussi qu’il faut attendre la gynéco de garde pour savoir si oui ou non je serai déclenchée aujourd’hui. J’ai encore des contractions mais rien de bien méchant.
Elle me renvoie dans ma chambre en me disant de rester à jeun dans le cas où je serai déclenchée. Pour le moment je n’ai de toute façon pas faim. De plus, la météo n’est pas de notre côté, il y a eu des pluies verglassantes. J’ai peur que chéri ne puisse pas venir du coup et aussi je me demande si la sage-femme que j’ai vu la veille est là.
Chéri arrive vers 9h30 quand je sors de la douche. Je n’ai toujours pas eu de nouvelles ni de ma prise de sang ni de la gynéco ni rien… Je commence à trouver le temps long.
A 10h, le téléphone sonne, c’est la sage-femme de la veille, elle me demande de venir en salle de naissance.
Elle nous accueille dans une salle d’examen avec la gynéco. Elles nous expliquent qu’il faut me déclencher car mes transaminases sont passées de 80 à 110. Donc je serai déclenchée avec le gel. La sage-femme sait que je n’ai pas envie de ce genre d’intervention, mais elle m’explique que l’on n’a pas le choix. Mais elle me fera l’acuponcture en même temps.
Elle nous emmène dans une salle d’accouchement. Elle me pose le monito. Il est 10h15. J’ai des contractions spontanées toutes les 4 min environ, ce qui veut dire que le travail se met en route doucement.
Elle m’examine et me met le gel en même temps à 10h25. Mon col n’a presque pas évolué depuis la veille au soir. Elle me met le gel derrière le col. C’est vraiment désagréable comme sensation. Ca me brûle. Elle nous laisse et va voir une autre patiente.
Chéri sort pour voir qui va garder les enfants, car mes parents sont invités au resto et les beaux parents sont coincés à cause du verglas. Finalement, les enfants iront au restaurant avec mes parents. On est soulagé de les savoir pris en charge.
La sage-femme revient vers 10h50 pour me poser les aiguilles. Elle me dit qu’elle va m’en mettre un peu partout histoire que ça aide vraiment. J’en ai une sur chaque main, une juste au-dessus du pubis pour aider bébé à descendre, et 5 sur chaque jambe (petit orteil, entre le gros orteil et son voisin, une au-dessus de la cheville à l’intérieur des mollets et une à l’extérieur, une en dessous du genou sur l’extérieur des mollets). Et elle m’en chauffe plusieurs sur les jambes, c’est encore ça qui fait le plus mal, car on sent comme un coup d’électricité très fort quand la chaleur atteint la peau. Elle me les chauffera à 3 reprises.
Avec l’acuponcture, les contractions s’intensifient et deviennent plus régulières. Je trouve le temps long car j’ai mal aux fesses à force de rester semi assise sur la table. De plus, avec les aiguilles, je ne peux pas bouger les jambes sous peine d’appuyer sur une des aiguilles. C’est vraiment désagréable, et je vais garder les aiguilles jusqu’à presque midi. Un peu avant on appelle pour savoir si la sage-femme peut venir me les enlever, mais elle est occupée avec une autre future maman, du coup elle ne pourra pas venir avant plusieurs longues minutes. Quand elle me les enlève, je peux enfin bouger les jambes et c’est déjà un soulagement. Elle débranchera le monito vers midi et demi. On peut retourner en chambre, et je vais même pouvoir manger ! Ouf car je commençais à avoir très faim !
On retourne donc dans la chambre vers 12h40, chéri a le ballon sous le bras. Mon plateau est servi immédiatement. Chéri va chercher à manger pour lui. En même temps, une amie qui a accouché le jeudi vient me rendre visite avec son petit bouchon. Il est vraiment mimi. Pendant que je mange, les contractions se calment, elles sont moins fortes, et plus espacées, ainsi je peux manger à peu près normalement. Chéri revient avec son repas. La jeune maman nous laisse.
Une fois le repas fini, vers 13h28 j’appelle mon frère car il avait tenté de nous joindre dans la matinée. Pendant l’appel, les contractions reprennent de plus belles et la douleur devient de plus en plus intense, jusqu’à ce que je lâche un « oh la vache » en serrant les dents. Là, mon frère panique un peu et me dit qu’il va nous laisser. L’appel n’aura duré qu’une petite quinzaine de minutes, et connaissant mon frère, c’est rapide.
A partir de ce moment, les contractions s’intensifient encore et encore. Je fais du ballon pour aider bébé à descendre et pour essayer de me soulager. Chéri tente bien de me faire l’acupression comme il me l’avait fait pour mon 2e, mais ça ne me soulage pas. Il essaie à plusieurs reprises de voir s’il est au bon endroit, mais ça ne change pas grand-chose.
A 14h30 on appelle la sage-femme qui propose de venir m’ausculter dans la chambre. Mon col n’a presque pas bouger. En plus, elle me fait mal pendant l’examen, elle s’en excuse. Elle est vraiment délicate et attentionnée. Elle me donne ensuite le spasfon et me dit que je peux en prendre 3 fois 2 comprimés en espaçant les prises de 20 min. Elle m’explique aussi que si je veux, je peux avoir de la morphine qui me soulagerait bien plus et qui est vasodilatateur et donc souvent accélère le travail. Elle nous laisse et retourne en salle de travail. Je prends les 2 premiers comprimés à 14h40.
Ça ne m’aide pas vraiment, je reprends 2 comprimés à 15h, mais c’est de pire en pire. J’ai peur de me dire que mon col n’avait pas bougé, je me commence à me dire qu’il faudra peut-être prendre la péri vu la douleur, et je croise les doigts pour que mon col lâche d’un coup comme me l’a dit la sage-femme qui me suivait pour la fin de grossesse pour l’acuponcture. Chéri me dit qu’on va rappeler la sage-femme pour avoir la morphine. Il est 15h06.
Je me mets debout, pendant la contraction je m’appuie sur Chéri en mettant mes bras autour de son cou et en m’étirant un peu le dos en me mettant légèrement accroupie. Ça m’aide à supporter la douleur.
L’auxiliaire, Christelle, vient nous chercher vers 15h15, je monte dans un fauteuil roulant. On traverse toute la mat pour aller aux salles de naissance. C’est samedi après-midi, il y a un monde fou dans les couloirs, je me retiens de ne pas hurler pendant la contraction.
Une fois arrivés dans la salle d’accouchement, l’auxiliaire nous laisse, et j’ai à nouveau une énorme contraction, je m’accroche à nouveau au coup de Chéri en pleurant tellement la douleur est intense et que j’ai peur aussi de ne pas tenir. Et là, splach ! Je perds les eaux. Je crie, je n’en peux plus, j’espère que c’est la phase de désespérance et qu’après ça ira mieux. La sage-femme et l’auxiliaire arrive en courant. Le liquide est teinté.
La sage-femme m’examine à nouveau, mon col est ouvert à 7-8. Il a donc bien lâché d’un coup, je suis soulagée. Elle me donne l’antibio pour le strepto par voix orale. Elle me dit qu’il y en aura pour encore 1h maxi, elle explique à Chéri comment m’appliquer le masque au protoxyde d’azote. Elle se prépare à sortir, et je lui dis que j’ai envie de pousser.
Elle me propose que je me mette à quatre pattes. Chéri lui dit que j’aurais bien aimé, mais qu’avec mon genou je ne peux pas. Elle me propose donc sur le côté. Elle m’installe, et ce n’est pas du tout comme avait la sage-femme lors du cours de préparation. Je suis presque à plat ventre, il faut que je tende une jambe. Je commence à pousser.Elle écoute rapidement le coeur de bébé avec le monito, et l'enlève vu que tout va bien pour lui. Elle me redit comment mettre mes jambes pour aider bébé. Je pousse, je crie. La sage-femme me dit de continuer comme ça, de crier si j’en ressens le besoin, ce que je fais. J’essaie ensuite de pousser en gardant l’air, mais je ne suis même pas sûre de pousser sur les contractions. Chéri continue de m’appliquer un peu le masque, mais je ne le supporte plus vraiment, je le lui signifie.
Après j’arrive à reprendre un peu mes esprits, et je pousse en gardant l’air au maximum, mais sur la fin je crie.
J’ai l’impression qu’il ne va jamais sortir, la sage-femme m’encourage. Souvent pendant que je pousse, je sens un jet de liquide. Pendant tout ce temps, la sage-femme m’écarte le vagin afin d’éviter les déchirures et de ne pas avoir recours à l’épisio.
En poussant je rampe sur le table ce qui fait que je suis remontée. J’ai tellement mal, que j’ai envie de mordre ! J’ai même failli mordre le bras de Chéri.
Au bout d’un moment, peut-être moins d’une minute, mais ça peut aussi bien être au bout d’un quart d’heure, je n’ai aucune notion du temps à ce moment précis ; la sage-femme et l’auxiliaire me disent qu’on voit la tête, je leur réponds que je le sens bien. Je sens bien mon bébé qui est engagé, et j’ai l’impression simplement qu’il est coincé. Ça me fait horriblement mal.
A nouveau, je pousse sans être sûre d’avoir une contraction. C’est dur, je suis exténuée, je n’en peux plus. La sage-femme m’encourage « Encore un effort et il sera là ».
Je pousse encore, la tête est sortie. Elle me dit de me mettre sur le dos, semi assise pour sortir les épaules et éviter les déchirures.
Une fois les épaules sorties, elle me dit de l’attraper pour que je le mette moi-même sur mon ventre. A bout de force, c’est moi qui le prends et le pose sur mon ventre. Ti cœur est né, il est 15h56. Chéri est très ému, il a les larmes aux yeux, je crois qu’il n’a pas été aussi ému pour les aînés.
Je tremble comme une folle, je pleure autant de joie que de fatigue. Je sens bébé glisser, je dis à Chéri de me le remettre mieux sur le ventre. Il me le remet bien. J’ai encore de grosses contractions très douloureuses.
Un peu plus tard, je sens à nouveau l’envie de pousser. La sage-femme nous explique qu’il est maintenant temps de couper le cordon. Chéri précise qu’il veut le faire, la sage-femme le clampe et il le coupe. Puis je pousse pour expulser le placenta, elle l’aide à sortir en tirant doucement sur le cordon.
Je lui demande si j’ai été déchirée, elle me dit oui mais bien moins que pour le 2e, il faudra environ quatre points « une petite fourchette » comme elle dit.
Le petit cherche déjà à téter, Chéri me le rapproche du sein pendant que la sage-femme me recouds. Je tremble encore, j’ai encore des contractions. Mon corps semble ne pas avoir compris que bébé est sorti.
La sage-femme remet le bout de la table et m’allonge les jambes, je demande à ce qu’on m’aide à me mettre sur le côté pour donner la tétée à bébé. On reste comme ça pendant peut être 1h. Puis la sage-femme revient pour faire les premiers soins à bébé. Il pèse 4kg500 et mesure 55cm, son périmètre crânien est de 37,5cm. Elle lui met des gouttes dans les yeux et fait un prélèvement dans l’oreille et dans le placenta à cause soit du strepto soit du liquide teinté, je ne sais plus. Elle aurait dû lui faire un prélèvement gastrique, mais comme il a tété elle ne le fera pas. Je pense que c’est principalement à cause de notre projet de naissance qu’elle ne veut pas lui faire.
Ensuite l’auxiliaire me fait une toilette et m’aide à me rhabiller. On sera dans la chambre vers 18h15.
On appelle chacun nos parents pour leur annoncer la naissance. Ma mère est très émue, petite séance de larmes au téléphone.
Je tiens à remercier chaleureusement la sage-femme qui nous a accompagnées dans le plus grand respect de notre projet de naissance. Je suis vraiment contente d’avoir choisi la maternité de Vesoul. De plus, vu le peu de temps où je suis restée en salle de naissance, je n’aurais pas pu beaucoup profiter d’une salle nature.